L’escadron de Spahis du Sénégal a été longtemps sans conteste notre meilleure troupe indigène et nous
avons eu quatre escadrons magnifiques qui nous ont montré le cavalier Noir comme hardi, solide à chaval,
endurant, d’un esprit de corps très accentué et d’un courage à toute épreuve. »
Lieutenant-colonel Mangin - La Force Noire - 1910
Depuis plus d’un siècle et demi, une unité militaire participe à la vie de la Nation sénégalaise. Sous
des noms différents, c’est la même tradition de dévouement au devoir même de sacrifice et de courage,
que ces cavaliers de légende mettent au service du pays.
Le terme de spahis dérive d’un mot turc qui signifie cavalier. C’est à l’origine le nom donné aux
cavaliers de l’Empire Ottoman qui, du XIIIè au XVIIIè siècle, domine l’ensemble du Moyen-Orient, une
partie de l’Europe centrale et de l’Afrique du Nord.
La conquête d’Alger par les Turcs s’accompagne de la création d’une cavalerie aux ordres du Dey qui
assure la défense de la Régence. Peu après le débarquement des Francais à Alger le 14 juin 1830, le
futur Général Yussuf, qui arrive de Tunis, propose de lever des cavaliers pour combattre à leurs côtés.
Le 10 septembre 1834 est créé le corps des Spahis Réguliers, qui est à l’origine de toutes les unités de
spahis de l’Armée française.
Les premiers spahis envoyés hors d’Algérie arrivent à Saint-Louis en février 1843. Dès le 1 août, ils
chargent 2 000 cavaliers à Cascas. Dès lors, les spahis sénégalais sont de tous les combats de la
conquête coloniale, depuis les sables du Sénégal, de la Mauritanie et du Soudan (Mali), jusqu’aux
expéditions du Dahomey (Bénin) ; enfin se multipliant, pour former les escadrons du Tchad et du Maroc.
Durant près de quatre-vingts ans, ils se couvriront de gloire à la pointe de leurs sabres.
En 1928, l’escadron de spahis se transforme en escadron monté de la Gendarmerie coloniale du Sénégal. En
1960, à l’Indépendance, il devient Garde Présidentielle sous le nom de Garde Rouge de Dakar. |